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Une caresse !


C'est moi !

 

 

 

Venez  faire quelques pas avec moi sur la route de ma vie...
J' adore les files à la caisse du supermarché. C'est comme s'asseoir à la terrasse d'un café. C'est comme attendre dans la file d'attente d'un concert, comme Profette. C'est comme regarder le soir au travers des fenêtres allumées des maisons. C'est un rien voyeur, je le concède, un rien mal élevé aussi peut-être... Qu'importe, c'est le meilleur moyen d'observer ses semblables l'air de rien, et de profiter de tranches de vie qui me ravissent.

Donc ce matin, j'étais à la caisse du supermarché, 3 bouts de trucs à la main. Devant moi, une dame avec le caddy du ravitaillement de la semaine, plein à rabord. Elle me regarde très gentiment et me propose de passer devant elle. J'accepte avec plaisir, non sans la remercier vivement. Je me retrouve alors derrière un petit bout de bonhomme d'une dizaine d'années. Sale à faire peur. Des cheveux blonds gras lui tombant sur les yeux, coupe au bol des années 7O. Des habits trop petits, rapiécés et recousus à souhait.
Le gamin tourne vers moi des yeux brillants d'un bleu vert intense, me sourit de toutes ses dents :
"Vous voulez passer aussi devant moi madame ? Ca ne me dérange pas vous savez ! "
Je regarde son vieux cabas où sont déposés 4 briques de vin de table bon marché. Mon esprit s'emballe et j'imagine en un quart de seconde l'environnement de ce gamin. Pas de pitié non, mais une empathie soudaine pour ce petit bout d'homme d'à peine 10 printemps capable de sourire si franchement, de parler si poliment, d'être serviable, et en plus d'avoir des yeux si magnifiquement intelligents...
Et je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec tous les gamins de bonne famille que j'ai pu croiser dans les écoles, et qui n'arrivaient même pas à la cheville de celui-ci.
"Merci, lui dis-je, tu es bien sympa. Mais nous avons autant de courses tous les deux, je vais attendre mon tour." Et je lui ai souris de toutes mes dents, moi aussi.
Par Naturella - Publié dans : naturella - Communauté : Les chapitres de ma vie
Mercredi 11 juin 2008

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L'année scolaire se termine.
Jamais je n'aurai imaginé tout ça. Une année scolaire pareille. Avec autant de rebondissements de toutes sortes, et surtout la découverte d'un nouveau monde... nouveau monde qui va me manquer.

Si je devais trouver quelques mots pour résumer, en substance, j'écrirais ceci :

Horreur :  Je me rappelle encore ce sentiment indicible qui m'avait assaillé les premiers jours de Clis. Ce sentiment de redécouvrir un métier qui n'était pas vraiment le mien, enfin celui que je faisais jusque-là. La rencontre avec des enfants qui vivent des choses que l'on ne souhaiterait à personne, même pas à un adulte. Le fait de me sentir inadaptée à tout ça.

Impuissance : Oui, quelle impuissance devant les crises d'angoisse violentes, les coups et les insultes, les réactions hors normes, l'impossibilité de parler ou de réfléchir comme les autres, les détours pour arriver à des choses si simples qu'un enfant de 3 ans le ferait sans y penser. Mais subir vraiment ?

Découverte : Une classe incluse dans une école et pourtant si différente. Des enfants à connaître et à découvrir. Des handicaps lourds à comprendre et à dépasser au début, des interactions nouvelles et déroutantes. Des collègues indifférents, ou plutôt terrorisés et qui ne savent comment réagir sinon par des sanctions inadaptées...
Et pourtant... oui pourtant ...

Plaisir : De bons mots, des gestes, des moments quasiment tendres, des sourires et des rires, des hurlements de joie, des pirouettes de bonheur, de menus larcins pour rire, du travail et des progrès, des mains saisies alors qu'il n'était pas possible de s'approcher avant, mon prénom répété à l'infini, mes élèves qui courent au-devant de moi depuis l'autre bout de la cour, une larme devant l'annonce de mon départ, une naissance de petit frère tellement attendue, des parents qui s'ouvrent et acceptent de partager une douleur sourde ... je pourrais continuer encore ....

Fatigue : Oui...j'avoue... fatigue extrême ces jours-là parce que course effrénée dans les couloirs pour éviter que l'un se sauve de l'école, que l'autre fasse retentir l'alarme, que le troisième tape ou étrangle le quatrième, que le cinquième avale le pot de colle ou de peinture en entier, et ainsi de suite. Fatigue par manque d'expérience et d'organisation au début. Fatigue pour cause d'accident et d'opération aussi. Fatigue physique mais pas morale !

Ma petite Clis 1 (handicap mental) est composée de :
Benoît, qui est atteint d'une psychose juvénile grave.
Nolween, qui est atteinte du syndrôme de Down (trisomique).
Amalia, qui est une ancienne grande prématurée avec séquelles mentales et psycho-motrices.
Julien, qui est un atteint de retard mental avec troubles complexes du langage.
Ivan, qui est autiste et réfugié somalien.
Et Arnaud, qui a quitté la classe en janvier après l'accident, et qui avait des troubles très graves du comportement.
6 élèves, aussi bruyants et remuants que 30 autres...

Pendant une année scolaire, j'ai vécu avec ces enfants. J'ai appris à les connaître, à les apprécier, à connaître leurs petites habitudes et leurs petits travers, à les aimer. Oui je n'ai pas peur de le dire, et je sais que certains diront qu'il ne faut pas s'attacher aux élèves. Peu m'importe. La démarche de rencontre de ces enfants n'est pas anodine. On y laisse forcément des plumes. Ces plumes ne me manqueront pas. C'est un peu de moi que je leur ai donné. Et je suis contente de l'avoir fait. Malgré tous les problèmes que j'ai rencontré sur la route.

Pour terminer, quelques mots de mes loustics que je veux garder en souvenir et qui me font rire rien qu'à les écrire :
Benoît : " Dis donc maîtresse, tu pues des pieds aujourd'hui ?"
Nolween : " Mon petit frère, il est né, il s'appelle ... il s'appelle .... ze sais plus...mais il a un zizi !"
Amalia : " Maîtresse, t'es trop fashion toi, t'es millionnaire ou quoi ?"
Julien : " Tasse-moi le caille-trayon, maikresse !"
Ivan : " Mardi maîtresse Naturella piscine, Ivan content content !"

Encore quelques jours et il me faudra les quitter. Avec une petite larme au coin de l'oeil et le sourire de les voir cavaler sur la route de la vie.
Par Naturella - Publié dans : maîtresse Naturella - Communauté : La communauté pédagogique
Jeudi 5 juin 2008

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La Naturella nouvelle est là. Envie de changer d'environnement et de couleur. Envie de simplicité et de bleu !
Voilà. C'est fait. Vous y êtes toujours aux premières loges. A bientôt donc sur mon "nouveau blog"  !
Naturella

Par Naturella
Mercredi 4 juin 2008

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Oyez, oyez bonnes gens,

Une grande nouvelle se propage dans la grande province de l'Est !

Maîtresse Naturella est ENFIN nommée à titre DEFINITIF dans une école sympa
sur une classe qui ne sera rien qu'à elle !

Depuis 15 ans qu'elle attendait ça,
il était grand grand temps .

Parce que sinon, à vrai dire,
on risquait l'implosion ...

Par Naturella - Publié dans : maîtresse Naturella - Communauté : La communauté pédagogique
Vendredi 30 mai 2008

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Petit Dernier est parti tout seul à son cours de clarinette. Son grand sac sur le dos, il a traversé tout seul la grande avenue, est entré dans la grande maison de musique, et a disparu à mes yeux.
Il grandit, Petit Dernier, ça se voit. Tous ses habits sont trop petits, il a des vélléités de fringues neuves et à lui tout seul, il argumente, il raconte, il a un avis sur tout . Il m'épate...

A 10H30, le cours est terminé. Seule dans la voiture, j'attends que mon garçon revienne. Nous partirons ensemble faire quelques courses.
10H50 toujours personne. Mon coeur de maman commence à s'emballer et à s'imaginer le pire : (mode affolement ON)
Il était sorti en avance, il m'a longuement attendu, une voiture est passée par là avec un tordu à son bord et qui l'a enlevé ! Je ne le reverrai plus jamais ! A quel moment faut-il appeler la police ? Peut-être devrais-je descendre de la voiture et aller vérifier qu'il n'est pas dans les parages ? Non, il veut faire les choses seul et après il sera fâché. Oui, mais s'il a disparu, et que je ne bouge pas mes fesses de là, on perd un temps précieux pour les recherches, et la police risque de me le reprocher. Oh là là, qu'est-ce que je fais ? Franchement je ne me vois pas subir ça, je ne pourrais pas y survivre. Je l'aime trop mon loulou. Bon allez je me bouge et je ....
(mode affolement semi-OFF, chez nous les mamans, il n'est jamais totalement OFF)

Au coin de la rue, mon garçon arrive, sac sur le dos, sourire aux lèvres, très calme.
Moi  : - Où étais-tu ? Je me suis inquiétée !!!!
Lui : - Ah c'était super, j'ai rencontré mon copain Antonin, tu sais, mon copain d'école, et on a discuté un peu.
Moi : - Pas un peu, longtemps, tu as vu l'heure qu'il est ? Je me suis imaginée plein de trucs, moi !!!
Lui : - Maman !!! Franchement il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. Je suis grand maintenant moi !

Oui, je sais que tu grandis mon chéri, mais tu ne m'empêcheras jamais de m'inquiéter. La prochaine fois, je ne te le montrerai pas, promis. Je resterai calme et je te ferai honneur, mon GRAND !
Par Naturella - Publié dans : petit dernier l'a dit - Communauté : Les chapitres de ma vie
Mercredi 28 mai 2008

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Je ne sais pas pour vous, mais moi je me sens toute bizarre. Déçue, ça oui et d'un coup un peu vieille. A-t-on idée de changer les choses comme ça, sans prévenir personne ? Et, pis encore, d'oser les annoncer à la télévision un soir où on a besoin de réconfort et non pas qu'on nous enfonce ? Non, je vous le dis, ce n'est pas sérieux.
Je sais qu'il ne faut pas être rétrograde, qu'il faut accepter l'évolution et les changements comme un signe d'avancée.
Mais il y a parfois des choses qui sont déjà bien et qui devraient rester immuables. Des petits choses pourtant insignifiantes, mais qui vous font sourire à leur simple évocation, qui rappellent un éclat de rire, une petite routine de joie.

Alors voilà, mes amis, je vous l'annonce la mort dans l'âme :

Chez Milka, il n'y a plus de papier alu pour emballer le chocolat !!!!!!!!

Du coup, la marmotte ne me fait plus rire et l'ours a l'air diablement bête quand on le lui annonce. Ben oui, chez Milka, on est fiers de vous annoncer qu'on a inventé l'emballage refermable à l'infini.
Ben moi, ça ne me plaît pas !!!

Par Naturella - Publié dans : rions un peu ! - Communauté : Les chapitres de ma vie
Samedi 24 mai 2008

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Vous avez connu L.Myster. Il a disparu depuis trois mois maintenant. Votre mission, si vous l’acceptez, sera de composer un portrait de L.Myster afin que nos services puissent le retrouver. Deux possibilités s’offrent à vous :
1) Après être entré des dizaines ou des centaines de fois dans la "Salle des profs", sans jamais avoir vu une seule image de "LMyster", pourriez-vous le décrire à partir de vos souvenirs ? Toutes les formes sont acceptées: prose, haïku, chanson, montage photographique, dessin…

2) Texte à contrainte : Composer une histoire de préférence humoristique et tendre à l'image de son inspirateur en y incluant les mots: Gauguin, bleu, requin, pupitre, galettes, ciré, cocotiers, Pont-Aven, scooter.


Votre équipe est composée de dix personnes, naviguant sur plusieurs blogs. Monsieur L. devra chercher dans tous les blogs les éléments qui lui permettront de reconstituer le message secret qui lui est adressé.
Si vous-même ou une personne de votre équipe venait à être découverte ou capturée, nous nierons avoir eu contact avec vous. Ce message s’auto publiera dans 30 secondes.


Sur une idée de Michèle-Laurence, quelques blogueurs et blogueuses ont décidé de faire une petite surprise à un des leurs qui avait déserté son blog il y a quelques temps.
Sans nouvelles, tous se languissaient lamentablement. Alors plutôt que de ne rien faire, ils ont mis toute leur énergie dans un message à plusieurs voix pour faire un coucou à ce blogueur.
Faire partie de cette équipe a été très sympa, ça change du "lonesome post" .

En ce qui me concerne, j'ai opté pour des acrostiches à partir de son pseudo.
LMyster si tu passes par ici, un des mots du message final est "caché" ici !
Surtout ne pars pas sans me laisser un petit mot ... ça me ferait un immense plaisir !

REALISTE
Lagon bleu tout autour, cocotiers et soleil toujours.
Mots de prof parti là-bas.
Yeux qui voient et doigts qui racontent avec humour
Ses collègues, sa vie, ses amours,
Tornado, le scooter, fidèle compagnon,
Et nous, ses fans heureux.
Retour chez lui en bretagne, blog fermé, nous laissant sans nouvelles.

ROMANTIQUE
Lui prof sur une île à cocotiers
Mer bleue et transparente
Yeux dans les yeux avec Bleue
Savoirs transmis aussi un peu.
Tornado et folles virées
Etonnante vie coulée douce
Rencontre avec un homme heureux ?

BRETONNANT
Laissé crachin et galettes de Pont Aven
Mis tout dans une goélette
Yeux éblouis par toute cette mer
Sensualité bleue et solaire
Tornado comme catamaran
Eden à requins mais sans phare puis
Retour aux korrigans.

VERBIAL
Là-bas très très loin
Myster cet inconnu et ses
Yeux qui pour nous racontent,
Sussurrent des histoires,
Titillent notre imagination,
Etonnent notre vie,
Ravissent nos cœurs en quelques clics.

FAMILIER
L.My. mon pote,
Mais kes’ tu fous ?
Y en a plein qui s’d’mandent
Sur quoi tu surfes now ?
Tiens, moi la prem’s
En pleine cata sans toi ...
Ramène ta fraise, et rapidos encore !

RESUME
L‘histoire d’un mec
Mettant un petit bout de sa vie sur le net
Yvan, Simon ou Paul qu’importe
Son nom restera inconnu
Toujours et à jamais puisqu’envolé
En un temps record
Ramenant nos vies à leurs propres décors.




Les blogs des autres participants :

David

Par Naturella - Publié dans : naturella
Lundi 19 mai 2008

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Il fait si beau, ciel bleu et brise légère, quel plaisir de sortir bras et épaules nues ! Travaux du jardin, odeurs d'herbe coupée, pivoines joufflues et provocantes, retombant sur la verte pelouse, oiseaux de toutes sortes pépiant à qui mieux mieux ... printemps ...
Le soleil inonde le jardin jusqu'au soir, dardant ses derniers rayons jusque tard, vive les beaux jours !
Mon vélo est ravi de revoir le jour, je pédale à travers la ville, retrouvant le plaisir du vent dans mes cheveux et sur mes joues.
La terrasse est envahie par le lilas aux couleurs mauves, il exhale un doux parfum qui s'amplifie à la tombée du jour.
Chaque jour mon regard et mes sens se repaissent du printemps nouveau.

Par Naturella - Publié dans : naturella - Communauté : Les chapitres de ma vie
Dimanche 11 mai 2008

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Le feu est rouge. A l’arrière de la mini voiture rose qui se trouve devant moi, un doberman de belle taille se tasse maladroitement. La pauvre bête semble mal à l’aise, coincée derrière la banquette arrière. Au bout de quelques minutes, le molosse s’arrête de tournicoter dans tous les sens et se campe nerveusement, tête hors de la fenêtre du conducteur, train avant à moitié sur la banquette et arrière-train collé derrière le pare-brise. La conductrice est une petite mamie guindée, très chic. Je ne peux m’empêcher de tourner la tête et de les dévisager en les dépassant, sourire aux lèvres.
Le doberman m'a alors fait un clin d’œil.
Par Naturella - Publié dans : rions un peu !
Mercredi 30 avril 2008

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Dans l'immense salle de bois et de lumière, toute une foule s'organise, se place, et laisse dériver des paroles douces qui s'envolent. Les portes sont closes mais cachés, les artistes sont dans l'attente. Tout de noir vêtus, partitions ou instruments dans la main, choristes au gosier tout vibrant des dernières brouettes accomplies quelques minutes auparavant, ils n'ont d'yeux que pour l'écran vidéo qui leur montre la foule de la salle de bois.
Les musiciens rentreront après le choeur de femmes. Pour l'heure, comme à la maternelle, elles se rangent "dans le bon ordre". Un dernier regard à l'écran vidéo, un petit mot dans le casque du régisseur, il faut y aller. Les lourdes portes de bois s'ouvrent pour laisser passer les seize femmes puis les musiciens.
Je mets le pied hors coulisses sans jeter un seul regard à la foule silencieuse. J'avance en priant de ne pas me prendre les pieds dans le costume de concert. Les applaudissements crépitent. Je sens une sorte de fébrilité mêlée de trac et d'émotion. Dans quelques minutes, la belle Ophélie se noiera dans un torrent, accompagnée de quelques mélodies tristes, et les petites fées d'un songe d'été lanceront de leur voix cristallines quelques conseils aux elfes de la forêt.
J'ai un an de plus à ce moment précis et je chante, extatique, oubliant ma vie.
Par Naturella - Publié dans : naturella - Communauté : Les chapitres de ma vie
Samedi 26 avril 2008

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