L'église était aux trois quarts vide. Pourtant, les personnes présentes ne semblaient pas tristes. Une petite fille aux yeux bridés courait en chantonnant, un nouveau-né vagissait, des parents proches chuchotaient, des sourires furtifs s'échangeaient. C'était doux, et violent à la fois. Les larmes lui montaient aux yeux à chaque fois que son regard s'attardait sur le cercueil, et pourtant, il lui suffisait de regarder les enfants pour se rendre compte que la Vie continuait malgré tout.
Sa fille et ses petits-enfants prirent la parole, rappelant quelle personne elle avait été. Bizarrement, ils évoquèrent entre autres de formidables recettes de cuisine, et chacun riait, comme s'il était à table devant un bon dessert...
Il y eut de belles paroles sur la vie et l'amour, de la musique, un bouleversant Ave Maria, de la lumière posée sur le cerceuil par les tout-petits qui crurent que c'était une sorte d'anniversaire...
Il y eut des larmes d'hommes, de femmes, et d'enfants, des larmes des gens qui l'aimaient et à qui elle allait manquer, terriblement. Ce fut une belle cérémonie d'adieu.

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L’AMOUR NE DISPARAIT JAMAIS


La mort n’est rien.
Je suis simplement passée dans la pièce d’à côté.
Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que j’ai été pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent, ne prenez pas un air triste ou solennel.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été, le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?

Je ne suis pas loin.
Juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez, tout va bien…

 
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