Ils ont des visages d'angelots. Des angelots plutôt particuliers, avec les petits défauts qui trahissent leurs pathologies. Trisomie 21, psychose juvénile avancée, séquelles de très grande prématurité, autisme, retard mental... Des maladies bien lourdes pour de si jeunes enfants. Et pourtant, ils rient et pleurent comme les autres, sourient ou boudent, se battent ou se font de tendres câlins. Ils ont aussi des manies obsessionnelles : Benoît vous attrape les pieds toutes les cinq minutes, Nolwenn vous observe les doigts et vous caresse les ongles, Yvan tourne la tête de gauche à droite en permanence, Amalia marche et trottine sur la pointe des pieds, Arnaud range, dérange puis range à nouveau sa trousse de crayons toute la journée, Julien caresse le beau Superman qui orne son cartable puis discrètement, le lèche...
Ils ont du retard, pour certains mêmes, ils ne rejoindrontjamais une classe normale, ils ne seront jamais "comme" les autres. Pourtant, ils ont quelque chose de plus. Ils vouent d'emblée une confiance sans limite à l'adulte, une sorte de dépendance qui les fait presque souffrir quand l'adulte exprime son désaccord avec leur comportement. Et cette tendresse permanente, qui les fait vous serrer dans leurs bras à tout moment, montant vers vous leurs petits visages interrogateurs cherchant l'approbation...
Derrière les petits corps qui souffrent, des trésors d'humanité...
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