Ça m'étonne toujours cette violence enfouie chez mes petits élèves de CLIS. Un violence pure qui se déchaîne quelquefois pour un rien insignifiant, une toute petite chose qui ne devrait pas porter à conséquence...
Ça m'étonne toujours de les voir s'enfermer dans des crises dont ils ont du mal à se remettre, des crises qui les font rentrer au fond d'eux-mêmes, et pour lesquelles ils ont besoin de moi pour sortir au plus vite avant de se faire du mal à eux-mêmes...
Ça m'étonne toujours ces sourires du matin accompagnés de câlins mémorables et qui me donnent la pêche pour la journée, surtout les jours où j'ai une autre classe. Etonnant de voir qu'ils savent que je travaille avec d'autres et qu'ils auront une autre maîtresse, et pourtant cette affection puissante, ils me la donnent sans réserve...
Ça m'étonne toujours de les voir tristes et malheureux, donnant des coups de pieds et des coups de poing, hurlant et tempêtant contre les frustations dont ils ne comprennent rien, et puis soudain se jeter dans mes bras pour me serrer si fort que je pourrais arrêter de respirer...
Ça m'étonne toujours de me rendre compte que pour les calmer, il faut que je les prenne dans mes bras comme des nourrissons, que je les berce et que je leur parle doucement, pour que le calme revienne, et un semblant de sérénité...
Ça m'attriste toujours de savoir que des enfants manquent de tendresse, de sécurité et de confiance en eux au point de ne plus savoir quoi faire, au point de devenir presque fou...

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