Benoît fait une crise. Pour la deuxième fois de la journée. Il hurle et son corps tout entier raidi tressaute. Il s'envoie des gifles sur le visage, tente vainement de s'arracher les deux oreilles, puis des poignées de cheveux. Je m'approche pour tenter de le calmer. Ses yeux reflètent une drôle de lueur, comme s'il était possédé. On dirait un démon. Sa bouche s'entrouvre et des paroles fusent à mon encontre. Ce sont des insultes odieuses, des insultes d'adultes, des mots humiliants. Je mets ma main sur son bras pour le faire redescendre vers la réalité. Ses mains me giflent au visage, plusieurs fois, un coup de pied atteint mon ventre, et pour finir, il me crache dessus à plusieurs reprises.
Tandis que sa bave me coule sur les joues et dans les yeux, je comprends que je n'enseigne pas vraiment. Je me fais l'effet d'un dresseur de fauve, emprisonné dans la cage aux lions.
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