Il est quelquefois des images qui vous trottent dans la tête, personnes ou lieux, objets ou paysages, musiques ou paroles,  et rien ne peut y faire....pour s'en défaire. Elles ont imprimé pour toujours votre esprit, votre rétine ou  votre oreille. Fermez les yeux, et vous les retrouvez. Ce que j'aime, c'est que lorsque je ferme les yeux, je retrouve instantanément les sensations que j'avais ressenties au moment précis où j'avais vu ou entendu ces paroles, ces musiques ou ces images.

Ainsi, en tant que pianiste, j'avais ressenti une très forte émotion en écoutant et en regardant le film "la leçon de piano". C'était magnifique, une histoire d'amour à l'état pur, des images sombres et belles à la fois, une musique à donner envie à n'importe quel pianiste de pouvoir rejouer ces mélodies fortes et émouvantes. Or, en bonne fan, je m'achetais donc le CD, la partition de piano, et m'engageais illico dans l'apprentissage des morceaux dont j'avais tant rêvé. Pas évident du tout, cette musique agitée, tressautante et caressante à la fois. Je me baignais de l'ambiance, regardant et regardant encore le film, écoutant en boucle la musique et jouant tant que je pouvais au piano, pour me mettre tout cela "dans les doigts" comme on dit en jargon pianistique. C'étaient de bons moments. Ce que l'histoire ne dit pas, c'est que j'étais enceinte à ce moment-là de mon deuxième enfant...de quelques semaines, et sujette à de terribles nausées. Je ne vais pas rentrer dans les détails sordides des nausées de la femme enceinte, là n'est pas le sujet. Mais il me suffit aujourd'hui de remettre ou de jouer cette musique, et invariablement, je suis prise de très légères nausées, comme si mon corps se souvenait exactement de ce que je ressentais à ces moments-là, alors que junior vient de fêter ses 11 ans.....c'est à peine croyable !

Un autre exemple de ce type, mais sans les nausées ;-)), me revient à l'esprit. Nous étions en concert dans le musée de notre ville et afin de préparer ce concert dit "itinéraire en musique", nous avions décidé, une amie choriste et moi, de préparer le parcours dans le musée. L'idée du concert était de s'arrêter devant une oeuvre et de chanter un chant qui lui était associé. Aussi mon amie et moi-même nous arrêtions-nous devant chacune des oeuvres. Nous étions là pour faire une sorte de repérage des lieux, et pas du tout de nous étaler des heures pour regarder les oeuvres.

Or je suis tombée en extase devant une peinture, placée au beau milieu d'un hall immense aux couleurs claires, et où les baies vitrées laissaient entrer le soleil à flot. L'oeuvre offrait mille couleurs, un explosion de points où chacun trouvait sa place sans fausse note, une représentation si belle de moments de la vie, que lorsque j'y pense encore, mon dos est parcouru de frissons inexplicables. J'aurais pu rester là des heures, captivée par ces images reflétant le bonheur et la joie de vivre, un petit goût de printemps parfait, celui qui ne nous quitte jamais, celui que l'on aimera pour toujours, le printemps du bonheur. La toile est immense, plusieurs mètres de couleurs à contempler, des êtres heureux qui batifolent, une maman qui ouvre ses bras à son enfant, des fillettes qui dansent au milieu des herbes folles, un père et son fils au beau milieu d'un geste de tendresse....

Je voulais juste vous offrir quelques-unes de ces sensations, de ces images, de ces frissons...

 

détails du tableau "la joie de vivre" de Victor Prouvé
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