Nécrologie du « bon sens »

Aujourd'hui, nous déplorons le décès d'un ami très cher qui se nommait Bon Sens et qui a vécu parmi nous pendant de nombreuses années. Personne ne connaît exactement son âge, car les registres des naissances ont été perdus il y a bien longtemps dans les méandres de la bureaucratie.

On se souvient de lui pour des leçons de vie, comme " la journée appartient à celui qui se lève tôt » , « il ne faut pas tout attendre des autres "  .

 

Bon Sens vivait avec des règles simples et pratiques, comme " ne pas dépenser plus que ce que l'on a ", et des principes éducatifs clairs, comme " ce sont les parents, et non les enfants, qui décident, dans le respect de chacun " , ou " la vie est précieuse et il faut la préserver " ou " notre plus grande richesse n'est pas dans nos possessions matérielles "....

 

Bon Sens  a perdu pied quand des parents ont attaqué des professeurs pour avoir fait leur travail en voulant apprendre aux enfants le respect ou quand un enseignant a été renvoyé pour avoir réprimandé un élève trop insolent.

 

Son état s'est encore plus détérioré quand les écoles ont dû demander et obtenir une autorisation parentale pour mettre un pansement sur le petit bobo d'un élève.

Bon Sens  a perdu la volonté de survivre quand cela est devenu répréhensible de se défendre contre un voleur dans sa propre maison et que le voleur pouvait porter plainte pour agression.

Bon Sens a définitivement perdu la foi quand une femme qui n'avait pas  réalisé qu'une tasse de café bouillante était chaude, en a renversé une petite goutte sur sa jambe, et pour cela a perçu une indemnisation colossale ; ou qu'une autre a attaqué la société qui produisait les cigarettes qu' elle fumait à raison de 20 par jour parce qu'elle avait un cancer des poumons en phase terminale.

 

La mort de Bon Sens a été précédée par celle de ses parents : Vérité et Confiance, de celle de sa femme Discrétion, de celle de sa fille Responsabilité ainsi que de celle de son fils Raison.

 

Il n'y avait pas foule à son enterrement car il n'y a plus beaucoup de personnes pour se rendre compte qu'il est parti.

 

 

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