Il y a de grandes fenêtres, immenses et poussiéreuses. On ne voit pas grand-chose au travers. Elles sont si grandes qu'elles en paraissent infinies. Le soleil a du mal à rentrer dans la pièce, il fait de drôles de dessins sales sur les vitres. Les façades d'en face sont calmes. Peu de volets ouverts, des balcons anodins et sans style. Elles sont si proches qu'un regard doit permettre de plonger directement dans la pièce. Des rideaux jaunâtres et passés pendent de chaque côté des fenêtres. Ils regorgent d'une poussière d'un autre âge...

Au mur, reposent de vieux carrelages qui furent blancs autrefois. Quelques roses d'antan, pochées dans un vieux rose tyrien, semblent vouloir encore s'y épanouir. Au premier regard, on se croirait dans une vieille salle de bain.

Et pourtant...

De vieilles portées musicales attendent une hypothétique musique qui ne viendra peut-être pas, une vieille porte vitrée tout grinçante sert de passage, une affiche de sécurité pas toute jeune trône au milieu d'un panneau de liège étrangement récent et très vide. Les armoires sont fermées, les étagères désertées, tables et chaises attendent, sages comme des images. La pièce résonne de vide.

Après un dernier regard circulaire, je referme la vieille porte en pensant à demain. Demain, des rires d'enfants résonneront, tables et chaises seront bousculées, le vieux tableau usé sera le porte-parole d'histoires merveilleuses, les murs se couvriront de bêtes imaginaires multicolores, les portées musicales souriront...

Demain, il y aura de nouveau de la vie dans cette pièce, ma classe !

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