Ils sont là, ils sont libres, leurs sourires de joie sont dans tous les journaux télévisés, sur toutes les premières pages, dans toutes les têtes. Cela faisait déjà des mois que chaque mairie avait affiché leur photo pour ne pas oublier, pour penser chaque jour à Florence et Hussein et à leur privation de liberté, cette mort incertaine mais possible qui pouvait les toucher à n'importe quelle minute.

Mais aujourd'hui, ils sont là, ils sont libres, leurs proches peuvent les serrer dans leurs bras, les toucher de nouveau et sentir la vie et le courage qui les habitent. C'est cet hommage-là, à leur indéfectible courage, que je voulais dédier cet article ce soir. Parce en voyant le sourire de bonheur que Florence affichait en descendant de l'avion, cette détermination qu'on pouvait lire au fond de ses yeux, cette rage de vivre et de faire savoir la vérité, j'ai pleuré.

Pleuré pour nos petites vies étriquées remplies de plaintes pour des petites misères anodines qui nous tracassent, pour des douleurs qui n'en sont pas, pour des boulots qui nous ennuient mais où nous ne risquons jamais notre peau, pour notre vision du monde trop souvent réduite à notre petit monde perso....

Autour de nous, dans le monde, il y a 250 millions de gamins qui dès 5 ans suent sang et eau dans les mines d'amérique du sud ou dans des fabriques de chaussures de marques célèbres, parce qu'il y a Monique, tout près de moi, qui vit seule avec ses 4 enfants et qui se bat contre un foutu cancer avec une force de vie que j'admire, parce qu'il y a Aurélie, la maman de Jérémy, qui a perdu son bout de chou mais qui continue la route vaille que vaille pour que les gens sachent, parce qu'il y a Florence et Hussein qui ont vécu pendant de longs mois pieds et poings liés, accroupis et les yeux bandés, pris en otage dans l'exercice de leur métier, pour NOUS donner des infos, parce qu'il y a des enfants qui ne mangent pas à leur faim tous les jours, et sous nos fenêtres souvent, ............. parce que je me suis sentie rien, rien du tout, du pas valable, du bête, ....

Parce que il y en a qui râlent encore après tout ça en disant que forcémént l'Etat a versé de l'argent, ou des armes ou je ne sais quoi d'autre. Mais qu'importe à la limite, ce qui a été versé. Je pense sérieusement que dans ce genre de situation on n'a rien sans rien. Le principal n'est-il pas que Florence et Hussein soient de retour ? Pour le paiement, je ne puis pas faire grand-chose, ni aucun d'entre nous. Et il n'y a rien à dire, il fallait faire quelque chose.

Ce soir mes pensées vont vers ceux qui y sont restés, connus ou inconnus, victimes de la barbarie et de l'intégrisme, et dont nous ne savons rien, ou que personne ne soutient.

Nous avons la liberté pour nous tous les jours, la possibilité de vivre ce que nous voulons et nous ne le voyons même plus, c'est devenu banal, normal. Mettons-nous quelques minutes dans la peau des otages et apprécions ce que nous avons.

"Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de la parole. Mais le plus important, c'est qu'ils possèdent encore la liberté après avoir parlé" André Guillois

à méditer je crois....

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