C'est le matin.

Comme depuis de nombreuses années déjà, mon réveil (saleté de truc ! ) me fait dresser les cheveux sur la tête en expulsant un son strident de ses entrailles. Pouark, mais quelle horreur ! Combien de temps me faudra-t-il subir ce bruit désastreux qui me met de mauvaise humeur avant même d'avoir posé un pied par terre ? Mon poing rageur sort de dessous la couette et frappe l'objet du délit violemment, en prenant bien soin d'appuyer sur la touche rappel en même temps. Ah oui, sinon je me rendors pendant des heures. Et me revoilà partie pour 5 minutes au pays des songes.

5 minutes plus tard, donc, doublement agacée par cette sonnerie désagréable, je me lève enfin. Aller jusqu'à la salle de bain en essayant d'ouvrir les yeux. Ne pas passer devant le miroir surtout. Parce que mes cheveux bouclés après la nuit, c'est une catastrophe, on dirait de la paille dressée sur ma tête ! Petit déj et réveil en douceur des enfants. Remonter s'habiller, se préparer, se pomponner un peu.

"Miroir, miroir, dis-moi...." oh là là, la sale tête, et pourtant je n'ai pas fait nuit blanche. "Tu vieillis ma vieille" fait la petite voix dans ma tête. Il y a du boulot, entre la tignasse revêche, les boutons apparus pendant la nuit, et le teint gris du matin... Habillage, maquillage, vite, vite, trouver un truc qui me mette de bonne humeur.

Il y a des matins comme ça où je me trouve laide.

Et puis l'homme arrive, jette un coup d'oeil dans la salle de bain, et rigole sous cape pendant que je me plains d'être moche comme un pou et de n'avoir rien à me mettre... comme tous les matins. S'approche, m'enlace et tout doucement dans mon oreille, me déclare "moi je t'aime comme ça".

Il y a des matins comme ça où je me trouve belle.

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