La pluie n'en finit plus de tomber. Elle arrose inlassablement la ville depuis quelques jours. Le ciel est bas, les nuages épais et les troncs des arbres luisent. Quelques oiseaux tentent de timides chants alors même que les cerisiers japonais, trompés par tant de douceur, ouvrent déjà les pétales doux rosés de leurs fleurs toutes rondes. Mes cheveux frisent et absorbent toute cette humidité pour me donner l'air d'une africaine en goguette. Je marche sous la pluie, trempée, mais portant à bout de bras cet énorme parapluie aux couleurs de l'arc-en-ciel qui tangue dangeureusement sous le vent d'hiver.

Et cette histoire m'est revenue en mémoire...
Elle était magicienne et avait envoûté son parapluie, de telle sorte que lorsqu'on se promenait dessous, il y faisait beau et chaud comme en plein été...

J'ai alors ouvert mon esprit et me suis imaginée magicienne, sous mon parapluie de soleil et de lumière. J'ai croisé des passants qui avaient l'air interloqués. Interloqués de me voir sourire à pleines dents, malgré le mauvais temps, surpris de me voir marcher comme en dansant... Parce que sous mon parapluie, il y a un coeur au chaud.

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