« Souvent les travaux qu’on entame avec mépris, dans l’intention de les bâcler, se vengent a priori par les problèmes inattendus qu’ils soulèvent et le plaisir qu’on prend à les résoudre. »

Cette phrase m’a été lue un jour par une amie à moi (merci la belle) alors qu’elle lisait le Corps étranger de Didier Van Cauwelaert. Le genre de phrase qui , même sortie de son contexte, continue à me parler, à m’évoquer des images, des pensées, des moments de ma vie, des réflexions.

 

 

 

 Genre… le ménage….

 Mon bureau est un taudis. Pêle-mêle se côtoient fiches de  préparation pour ma classe, livres pour faire écrire des enfants de 10 ans tout en les faisant jouer avec les mots, le petit fascicule pour les parents de Pomme d’Api qui ce mois-ci nous parle du désir et du plaisir d’apprendre chez les enfants, le dernier bilan de biologie où le pyrrhocore fait la nique à l’ornithorynque, mes stylos de toutes tailles et couleurs, la petite règle en métal qui m’a été offerte par une de mes élèves il y a fort longtemps, la très jolie photo de mes 32 loustics de l’année dernière, l’adresse e-mail de ma collègue qui a changé d’école, mes CD préférés, classiques ou non, la plus belle fleur de la terre offerte par un de mes doudous à une fête des mères….bref toute une vie de fille, de mère et de maîtresse qui traîne là en attendant que chaque chose trouve sa place. Et il y a des jours où je range parce que je n’ai même pas de place pour écrire ou préparer mes cours. Et le rangement, qui a priori n’est pas mon activité préférée, me replonge vers des papiers, des débuts de textes, des images que j’avais oublié avoir mis là. J’ai ainsi retrouvé le début d’une histoire pour enfant commencée il y quelques 10 ans pour ma fille (ça ne nous rajeunit pas tout ça !) et que je n’ai jamais pris le temps de terminer. Et j’ai eu brusquement envie de la reprendre, de la compléter, voire de l’illustrer ( premier métier que je voulais faire, à cause de Nathalie Novi, illustratrice de livres pour enfants, que j’idolâtre plus que tout)…

 

Ca commençait ainsi :

C’est l’histoire d’une petite fille qui s’appelle Amélie. Amélie a 8 ans et c’est une adorable fillette blonde comme les blés, avec des yeux couleur des châtaignes, celles qu’on fait dorer dans la poêle les après-midis d’hiver et qu’on déguste en se brûlant les doigts…Amélie est une vraie tornade, on la voit partout, ici, et l’instant d’après juste là, oh et encore là ! c’est incroyable, elle est partout à la fois. Amélie est tellement curieuse que cela lui permet de tout voir, de tout savoir de tout deviner. Seulement voilà, quelquefois, la maman d’Amélie ne la laisse pas s’approcher et lui dit : « Amélie, ce sont des conversations de grandes personnes, va jouer plus loin ! » Evidemment, Amélie n’est pas d’accord avec sa maman. Justement, ce sont les conversations des grandes personnes les plus intéressantes ! On y apprend que Maman va aller à une réunion, que la voisine est fâchée à cause du chat du monsieur du troisième, que Mamie et Papi viendront peut-être le mois prochain pour faire une surprise à Amélie, que Papa va changer de voiture mais qu’il hésite encore sur la couleur, …bref on y apprend tout ce qu’il faut savoir pour comprendre un peu mieux les grandes personnes. Ah, Amélie aurait donné n’importe quoi pour être une petite souris, une toute petite, toute blanche, avec des oreilles rose pâles et un tout petit museau rose, de très grandes moustaches blanches et fines. Parce que les souris, c’est tellement petit que ça se faufile partout et ça peut se cacher très facilement. Ainsi Amélie s’imaginait qu’elle pourrait assister à toutes les conversations des grandes personnes, y compris celles des voisins dans les autres appartements…Elle en rêvait tous les jours, même quelquefois à l’école alors qu’elle aurait dû se concentrer sur le travail donné par le maître.

 

Voilà le début de cette histoire. Evidemment c’est « cucul la praline » comme on dit chez moi, mais j’ai commencé cette histoire pour ma nénette lorsqu’elle avait 5 ans. Ce n’est plus du tout le genre de choses qu’elle lit, évidemment, puisque elle a déjà terminé le dernier Harry Potter en anglais dans le texte il y a un mois….

Non, ce ne sera pas pour elle, peut-être pour d’autres enfants que les miens, peut-être un texte et des illustrations que je laisserai dans un fond de tiroir …. En tous les cas, j’aurais rêvé quelques instants être un auteur et un illustrateur, et peut-être que dans mes 13 vies, je finirai par le faire «  pour de vrai »….

 

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