Il m'arrivait souvent de vous livrer quelques bons mots de mes petits élèves. J'avais envie de vous faire partager ces moments de rire, qu'il soit intérieur ou pas d'ailleurs. Ces moments délicieux d'innocence et de naturel, où je me sentais si bien. J'aimais l'idée de vous faire rire aussi.
Mais cette année, je ne sais pas ce qu'il se passe. Ou ce qu'il ne se passe pas d'ailleurs.
Chaque jour est une guerre. Chaque jour est une bagarre.

Chaque minute est difficile, laissant peu de temps aux rires et bons moments.
Chaque apprentissage est un supplice, entrecoupé de bruits, bavardages permanents, remarques désagréables, moqueries limite insolentes, et dans un manque de concentration notoire. Ce qu'ils maîtrisent ce jour est oublié le lendemain. Les vacances font des ravages. Au milieu de tout ça, surnagent un tout petit groupe d'élèves calmes et un peu perdus, dont j'essaye de m'occuper au mieux.
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas employé le mot de galère pour parler de mon travail. Même les jours de CLIS ne m'avaient pas laissé ce goût d'insatisfaction permanente. Il n'y a que très peu d'échanges avec cette cohorte. Ce sont des années comme ça. On les connaît par coeur, ces années fatigantes, crevantes, et on espère que les suivantes seront meilleures, c'est le mieux qu'on puisse faire.
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