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Une caresse !


C'est moi !

 

 

 

Venez  faire quelques pas avec moi sur la route de ma vie...
Le soleil dardait des rayons particulièrement costauds, faisant transpirer tout un chacun plus que de coutume malgré l’heure matinale. Maîtresse Naturella avait béquillé avec joie vers son lieu de travail, lieu salvateur où aucun canapé ni aucune télé avec programme idiot ne la menaçait.
Dans la salle des maîtres, la photocopieuse délaissée semblait s’ennuyer terriblement. Les maîtres et maîtresses, détendus et souriants, restaient assis à papoter avant l’arrivée de leurs élèves. L’ordre du jour était détente, jeux, discussions et dessins libres.
C’était le dernier jour de classe.

Maîtresse Naturella était ravie de ce jour sans préparation de cours ou de cahiers à corriger, mais elle appréhendait la fin de ce temps un peu spécial. Elle savait que la fin de journée serait forte en émotions, qu’il faudrait quitter ses élèves de CM2 pour les laisser voguer vers de nouvelles aventures, qu’il faudrait laisser partir ces mini-ados vers leur nouvelle vie de futurs sixièmes.
La journée se passa à jouer à des jeux de société. Maîtresse Naturella gagna à plusieurs jeux (yes !), signa des tonnes d’autographes, laissa des messages en anglais, en français, en sms, en smiley, donna son adresse mail pour rassurer de petits inquiets, dessina, chanta un peu, béquilla beaucoup dans les escaliers pour descendre en récré.
Puis vint le temps des discours. Elle offrit à chacun de ses élèves un livre, en souvenir de cette belle année partagée. Elle reçut de magnifiques fleurs, des cadeaux qui la touchèrent beaucoup. Déjà l’émotion était palpable chez certains. De petites mains essuyaient furtivement des larmes, des bouches qui voulaient sourire grimaçaient plutôt, et l’on sentait la fuite du temps en avant. (Il ne passe jamais plus vite que lorsqu’on voudrait qu’il s’arrête...)
La sonnerie retentit, il fallut forcer les enfants à sortir de la classe, descendre dans la cour, se dire au revoir. Les larmes coulaient à flots, rougissant les visages, des sanglots bruyants empêchaient de parler. Maîtresse Naturella commençait à croire qu’elle aussi allait craquer ! Elle eut les yeux mouillés c’est sûr, embrassa ses ouailles avec plaisir et les regarda s’éloigner en se disant que, décidément, elle n’aimait pas les fins d’années tant que ça.

Heureusement, quelques bulles dans un verre lui redonnèrent le sourire, elle rit avec ses collègues, discuta beaucoup, mangea beaucoup trop, eut le droit à un chevalier servant rien que pour elle qui la bichonna pour qu’elle ne manque de rien (merci gentil chevalier ☺ ) et passa un très chouette moment.
Enfin rentrée chez elle, il lui fallut un peu de temps pour arriver à dormir. Les images défilaient encore devant ses yeux, et elle voulait ressentir encore tous les plaisirs de cette journée.
Elle savait que demain, elle aurait le blues.
Elle savait que dans moins de deux mois, elle recommencerait ce cycle d’une année scolaire, long et si court à la fois.

Par Naturella - Publié dans : maîtresse Naturella - Communauté : La communauté pédagogique
Vendredi 3 juillet 2009

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Quelques nouvelles !
Je vais bien, déjà 3 semaines d'écoulées et encore 3 semaines de plâtre. Je tiens le coup, le moral aussi.
Une petite photo de mon nouveau plâtre, en résine, donc plus léger, et qui résiste encore et toujours aux tags que voudraient me faire mes élèves !
J'ai repris le boulot depuis 2 semaines déjà, et j'en suis ravie. Les collègues sont sympas et s'occupent de monter et descendre les élèves dans les escaliers, faire mes surveillances de récré ...
Je n'ai pas arrêté le chant, concert bientôt ;  pour le moment, je cherche encore dans quelle position je vais chanter. Assise, debout, semi-assise, genou sur un tabouret, ... bref de quoi m'occuper ^_^
Merci de vous inquiéter de ma santé !
je vous embrasse
Naturella

Par Naturella - Publié dans : naturella
Jeudi 25 juin 2009

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Réunion de répartition des classes pour la rentrée 2009 à l’école GUSTAVE.

Directeur : Chers collègues, nous avons une grosse cohorte de CP qui arrivent et pour l’année qui vient, nous aurons 3 CP de 24 élèves, plus encore quelques  autres, ce qui va nous forcer à faire des cours doubles sur les autres classes.

(Les cours doubles, c’est pas la panacée, mais bon il va bien falloir faire avec... soupir)

Directeur : Comme je suis directeur, je garde un des CM2 et je propose à chacun de donner son avis et d’émettre un souhait sur le niveau qu’il souhaiterait avoir.

Mme Truc-Muche : Pour moi, ce n’est pas compliqué, j’ai le CM1 dans la classe bleue depuis près de 20 ans et il n’est pas question que je change.

Directeur : Oui mais pour cette année, il y aussi Mr Bidule qui souhaite avoir le CM1, donc il va falloir discuter avec lui.

Mme Truc-Muche : Il n’y a rien à discuter, je suis la plus ancienne dans l’école, donc c’est pour moi. En plus, je ne veux pas aller dans une autre salle de classe, je n’aime que le bleu. Les autres couleurs ne me plaisent pas. Et je n’aime que le CM1, donc c’est tout vu.

Naturella : (toujours prête à ramener sa fraise quand il ne faut pas ...) Je ne suis pas d’accord avec vous Mme Truc-muche. L’essentiel de notre métier de professeur des écoles est basé sur la polyvalence, que ce soit sur les niveaux de classe ou sur les disciplines à enseigner. Que je sache, vous avez un diplôme comme le mien et il n’est pas indiqué que vous êtes diplômé du CM1 !
En outre, vous avez oublié qu’il y a des enseignants à qui on ne demande rien, ni s’ils aiment ou pas le bleu, ou s’ils préfèrent le CM1, quand ils arrivent dans de nouvelles écoles.  !!

Mme Truc-Muche : Naturella, vous êtes méchante !

Naturella : Non, Mme Truc-Muche, juste réaliste.

NDLR : et encore, je ne vous raconte pas comment Mme Truc-Muche a claqué la porte ensuite parce que, dans sa liste de nouveaux élèves, il y avait deux élèves en grande difficulté et qu’elle n’en voulait pas. Trop compliqué de faire du travail personnalisé pour deux enfants. C’est à se demander ce qu’elle peut bien enseigner à ses élèves. Sans doute de vieux cours, écrits il y a 20 ans, et jamais remis au goût du jour ....

Il y a des jours comme ça, où j’ai vraiment honte d’être enseignante avec ces gens-là.

Par Naturella - Publié dans : maîtresse Naturella - Communauté : La communauté pédagogique
Samedi 20 juin 2009

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Quelques-uns d’entre vous, sûrement bien intentionnés, je n’en doute pas, m’ont proposé de refaire ma culture télévisuelle défaillante.
J’en ai donc pris note et ai tenté de profiter de ce temps de repos forcé pour regarder de belles émissions à la télévision.

8H00 : France 5 : Bob l’éponge se bat avec une serpillière en débitant des dialogues stupides élaborés par un gars qui devait sacrément s’ennuyer pour inventer un dessin animé aussi ringard. Je zappe.
 


9H00 : France 2 : Sophie Davant vante les mérites du pouf « suppositoire ». Incroyable ! Une sorte de suppositoire vert anis sur pieds métalliques et dont l’assise molle permet de suivre vos mouvements. Idéal pour le dos, nous dit-on. Sophie Davant se trémousse dessus, mon dieu la pauvre, on dirait qu’elle a des hémorroïdes terribles ... enfin, de toute façon, les suppositoires, c’est le mieux pour les hémorroïdes que pour le dos. Je zappe.

 

10H00 : NT1 : Téléshopping ... Mister T, très amaigri, fait de la figuration aux côtés d’une américaine typique style Barbie, et qui vante les mérites d’une sorte de cuit-tout-vapeur-four-combiné absolument révolutionnaire. On met les aliments dedans, congelés, et le four transforme tout en un plat très appétissant (images accélérées à l’appui). Mister T se lèche les babines et ne tarit pas d’éloges un rien surjoués ... Je zappe !


 11H00 : France 2 : MOTUS : un jeu de mots. Renée et Josiane sont aux commandes. Il faut trouver des mots de 7 lettres. Allez c’est parti, Josiane se lance :  FARIBOLE. 8 lettres. Perdu, il faut passer la main à l’autre équipe.
L’animateur sourit gentiment en disant :
 « - Allez Josiane, pas de stress, je vous rappelle qu’il faut trouver des mots de 7 lettres ! Vous connaissez bien l’émission pourtant ?
-    Ah ben non, répond Josiane, c’est Renée qui m’a traînée ici. »
Et toc, prends ça dans les dents. L’animateur rit.... jaune ... c’est beau la culture. Je zappe.





12H00 : M6 : La petite maison dans la prairie. Charles Ingalls ne coupe plus de bois, il a déménagé et c’est une nouvelle famille qui habite la petite maison de bois. ils sont trop blonds et trop beaux pour être vrais. La maman est une journaliste qui a renoncé à la grand ville pour habiter Walnut Grove et vivre dans une cabane... C’est beau la télé ... ça y est je pleure... la petite maison dans la niaiserie, ça me fait toujours ça.



Je ferme la télé. Demain, je m’y mettrai l’après-midi, ce sera peut-être mieux. Ah oui j’oubliais, Derrick n’officie pas quand il y a Roland Garros . C'est bien dommage !
Par Naturella - Publié dans : rions un peu ! - Communauté : Les chapitres de ma vie
Vendredi 5 juin 2009

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Week-end fabuleux en touraine, petit château, verdure, amitié et .... pied cassé !
Vilain caillou.
Bilan : 6 semaines de plâtre.
Ça ne fait que deux jours et je m'ennuie déjà terriblement ...
Heureusement il y a les copines et les copains qui viennent ou qui appellent, merci les copines et les copains !!

Par Naturella - Publié dans : mots et maux - Communauté : Les chapitres de ma vie
Mercredi 3 juin 2009

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" Ce slam, je l'ai écrit il y a six mois, selon l'inspiration du jour, comme chaque fois. Il n'est sur aucun de mes deux albums, mais, depuis le mois de janvier, je l'intègre à mon spectacle en tournée. Les réactions sont à chaque fois très bonnes. Il est même arrivé que le public se lève pour l'applaudir. A la sortie, on me demande où on peutle trouver. Si bien que j'ai fini par en faire un clip, à la hâte, avec mon réalisateur attitré Mehdi Idir. Nous l'avons tourné dans une école de Saint-Denis.
Le thème de l'école m'intéresse et me préoccupe. Mais l'idée (ou le déclic) m'est venue lors d'un atelier d'écriture avec des élèves de CM2, dans une école d'Epinay. J'ai rencontré une institutrice pleine de bonne volonté, qui bosse comme une folle. Pour organiser une sortie avec ses élèves à la Cité des Sciences, comme on ne lui donne aucun moyen de le faire, elle a mobilisé ses élèves pour qu'ils gagnent des places sur Internet. J'ai trouvé ça tellement triste et déplorable qu'on puisse en arriver là. Vous vous rendez compte, elle n'a pas les moyens d'emmener ses élèves en sortie !

Je n'attends rien de l'Education nationale, mais je ne comprends pas que les professeurs soient si mal payés quand on sait quelles responsabilités pèsent sur eux. Ils doivent assurer l'enseignement, le confort et la sécurité de trente enfants quotidiennement. J'ai beaucoup de respect pour eux et je suis scandalisé qu'ils soient à ce point dévalués au niveau du salaire. J'ai eu envie de réagir.
A mon niveau, je fais ce que je peux. Je n'ai rien à faire dans des réunions ministérielles, je n'ai aucune légitimité. En revanche, je rencontre des élèves, j'anime des ateliers d'écriture et de slam, je fais inviter des jeunes à des concerts et pas seulement à mes spectacles. "

Fabien alias Grand Corps Malade

Par Naturella
Jeudi 21 mai 2009

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Le soleil se fait timide, les nuages défilent vite. Le fond de l'air est frais, il est encore tôt.
Nous avons rendez-vous devant les grilles. Devant nous s'égrennent les familles venues visiter un parent.
La pièce d'accueil se remplit à vue d'œil. Il nous faudra attendre notre tour.
Notre guide est enfin là, il nous donne les dernières recommandations puis nous entrons. La nuit a été mauvaise. J'ai eu des visions de portes, de clés et de visages vides apeurés. Pourtant cette angoisse m'a quittée. A cet instant, je ne ressens pas de crainte, mais plutôt de la curiosité.
On nous demande nos cartes d'identité. On nous les rendra au retour. Nous passons dans la salle d'accueil puis dans le sas de contrôle. Sous le portique métallique, mon passage allume les lumières rouges et une sonnerie stridente retentit. Le gardien me demande de retirer mes chaussures. Je repasse de nouveau sous le portique. Et rebelote ! Cette fois, on me demande de retirer ma ceinture. Enfin, je peux passer, non sans laisser là mon portable : ils sont totalement interdits dans l'établissement. Nous sommes douze, en chaussettes, et tenant nos pantalons, dans le sas d'une prison française... La situation est tellement étrange !
Nous quittons le sas, et commence alors la valse des portes, des grilles et des trousseaux de clés. La prison est à ciel ouvert, pas de couloir sombre, pas de grille à lourds barreaux, mais plutôt une sorte de grillage solide et extrêmement haut. L'espace reste entier, le ciel est visible, pas de sentiment d'oppression. Puis nous commençons à rencontrer les premiers détenus. Ils nous dévisagent, tant de femmes dans une prison d'homme ! La plupart d'entre eux n'en ont pas tenu dans leurs bras depuis des dizaines d'années... Les consignes sont de rester groupés et de ne pas nous éloigner de notre guide. Pourtant, je ne ressens pas d'inquiétude. Les détenus nous saluent très poliment et pour certains même nous sourient. Nous passons par une cour gigantesque, très gazonnée. Des espaces sont délimités par des grillages hauts, de couleur verte.  A l'intérieur, certains jouent à la pétanque, d'autres jardinent dans un immense potager, d'autres encore se promènent bras dessous bras dessus, riant et jouant de leurs muscles. Ils se retournent sur notre passage.
Enfin nous rejoignons l'école, lieu où nous avons rendez-vous avec cinq détenus pour enregistrer un disque. Cela fait des semaines que nous travaillons en préparation de cette expérience. Nous avons répété les chants ensemble, ils ont fait la même chose de leur côté. C'est notre première rencontre, deux autres sont prévues dans le mois qui vient.
Nous entrons dans l'école. Les salles de classe ressemblent à des classes normales, affichages au mur de conjugaison ou de maths, un peu d'anglais, une salle d'informatique sans internet, des affichages divers, pourtant la différence est visible : d'énormes serrures bleues envahissent chaque porte.
La plus grande salle a été organisée et décorée pour notre venue : projecteurs, caméra, sièges, pupitres, régie son. Tout est prêt pour l'enregistrement.
Et ils sont là, nos cinq partenaires. Tous très différents physiquement. L'un est petit et moustachu, l'autre est grand et musclé avec des cheveux longs, un troisième est tout jeune. Ils sentent le savon et les cheveux ont été brossés. Ils ont des chemises propres et sont empruntés comme des enfants endimanchés...
La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que rien ne les différencie de nous. Ce papy, à côté de moi, pourrait être le grand-père de mes enfants. Il a l'accent chantant du sud de la France et le sourire assez franc. Mais la vigilance est de mise. Ce ne sont pas de petits délinquants. Nous ne savons pas grand-chose de leurs condamnation, nous savons juste qu'ils sont là pour des peines de très longue durée. Le plus jeune est là pour 30 ans. Certains ont assassiné ou violé...
Pour l'heure, cela ne nous intéresse pas. Nous venons partager la passion du chant avec eux. Un journaliste est entré avec nous. Il prend des photos, nous interwieve. Des sourires timides arrivent, les langues se délient un peu. Le contact s'établit. Nous chantons ensemble. Les regards se croisent.
A la pause, nous discutons en partageant les gâteaux que nous avons amenés. Ils nous racontent leur vie dans cette prison où les cellules sont ouvertes huit heures par jour, et où la circulation des détenus est libre quoiqu'étroitement surveillée. Ils évoquent avec fierté les cours d'arts plastiques et les séances d'échecs, les expositions, les permissions, les familles qui sont loin, les légumes de leur potager, les études qu'ils ont reprises, les amitiés qu'ils se sont faites, leurs espoirs pour la sortie.
L'émotion est palpable chez un détenu, est c'est avec des larmes qu'il nous met en garde. Il est heureux de voir que nous ne le jugeons pas pourtant ,comme il dit, le dérapage hors des lois de la société est rapide. L'instant d'avant, on est un citoyen normal, puis le lendemain, on fait LA bêtise qui vous emmène droit en prison sans passer par la case départ.
Il est 11h30, déjà les détenus doivent nous quitter pour rejoindre leurs cellules : ils mangent isolément et enfermés. On se dit au revoir et on se promet de se revoir dans 15 jours. Nous sortons, sans escorte, et repassons pas la cour gazonnée. Nous croisons d'autres détenus qui nous saluent, c'est irréel, tellement loin de ce que nous imaginions. Nous passons par les même grilles, les "clang" des serrures électriques retentissent. Nous reprenons nos téléphones et nos cartes d'identité. En quelques minutes, nous sommes "dehors", nous reprenons pied dans notre réalité. Devant nous, les familles ont quitté les parloirs, de tout petits enfants, des mères, des pères, habitués à ces rencontres hebdomadaires...
L'expérience a été forte.
Je sais que cette prison est particulière, que toutes les conditions de vie en milieu carcéral ne sont pas à la même hauteur que celle de cette prison. Pourtant, je ne suis pas émue. Je n'oublie pas que ce sont des condamnés. Je n'oublie pas qu'ils payent leur dû à la société.
Par Naturella - Publié dans : naturella - Communauté : Les chapitres de ma vie
Samedi 16 mai 2009

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Je sais. Je ne viens plus très souvent ici.
Il paraît que c'est normal. Que le fait de parler à un thérapeute peut donner cet effet étrange de couper l'envie d'écrire.

Beaucoup d'entre vous l'avaient appris, compris ou deviné à demi-mots suite à certains articles que j'avais écrits ici.
C'était à mots couverts car la machine judiciaire était en marche et il m'était difficile de trop m'étendre sur le sujet.
Trois ans après avoir été agressée sexuellement par un collègue enseignant, après avoir vécu des moments très difficiles, après avoir été écrasée par la machine éducation nationale, puis après avoir appris en décembre dernier que l'affaire était classée sans suite par manque de preuves, j'ai enfin décidé de me faire aider pour aller plus loin.

La première étape a été de savoir si j'allais continuer la bagarre judiciaire ou clore ce sujet une fois pour toutes. Une avocate (une personne extraordinaire) m'a aidée dans cette démarche. Aujourd'hui, je veux avancer, et pouvoir dire qu'il y a un "après". Et pour cela, j'ai pris la décision de voir une thérapeute spécialisée dans les agressions comme celle que j'ai subie.

C'est remuant et dérangeant, ça me rend triste quelquefois, c'est difficile, mais nécessaire. Et je suis sûre d'en sortir plus forte.
Alors oui, je n'écris pas en ce moment. Et j'ai du mal à venir vous voir aussi. Mais ce n'est que temporaire. Je ne ferme pas boutique, je prends un peu de champ libre pour mieux me retrouver. Et je ne vous oublie pas.
A bientôt ,

Votre Naturella
Par Naturella - Publié dans : mots et maux
Samedi 25 avril 2009

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Il était pape. Il soulevait les foules, donnait l'envie de croire. Il a laissé une Eglise plus courageuse, plus libre, plus jeune. Une Eglise qui, selon son enseignement et son exemple, regardait le passé avec sérénité et n’avait pas peur de l’avenir. Il rappelait les dogmes aux Hommes mais savait les adapter pour que le monde actuel survive au mieux.
Puis il a quitté ce monde. Laissant les croyants un peu orphelins.
Il s'appelait Jean-Paul II.

Aujourd'hui, une espèce de cinglé intégriste a pris sa place. Ce type profère des propos irresponsables qui mettent le monde en ébullition : il croit qu'il est Dieu tout puissant sur Terre et qu'il peut juger à sa guise. Il ajuste les dogmes à sa propre pensée. Réintégration dans l'Eglise de prêtres négationnistes, excommunication de la maman d'une petite brésilienne violée et de l'équipe médicale qui lui a sauvé la vie, et aujourd'hui encore condamnation du préservatif dans la lutte contre le sida.

Les croyants se terrent, ont honte. Et moi avec.
Après toutes ces époques agitées où l'Eglise s'est rendue coupable de crimes, il était temps de rester à sa place et de prier pour le monde, non pas de le frapper par derrière.

Cette phrase me plaît plus que tout, et c'est elle que je veux suivre :
"Je ne suis pas dans la pierre de vos églises, je suis sous la pierre du chemin ou sous la mousse de l'arbre..."
Pour ceux qui croient, Dieu est partout au fond des coeurs et surtout pas là où on veut bien nous dire qu'il est.



Par Naturella - Publié dans : naturella - Communauté : Les chapitres de ma vie
Mercredi 18 mars 2009

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Pour mes petits élèves, l'évolution de l'humain est un sujet hardu. Quoiqu'ils s'y intéressent avec passion, il y a quelquefois des petites choses qui ne passent pas bien chez certains.
La preuve.
Quand je leur explique l'arbre d'évolution (singes puis pré-hommes tels que LUCY, puis hominidés jusqu'à Sapiens Sapiens) j'essaye de leur faire comprendre que l'un n'est pas le fils de l'autre. C'est dur. Quelle folie de s'attaquer à ce sujet en CM2.
Après, je n'ai plus à me plaindre d'obtenir ce genre de choses dans mes copies :

"'Non, nous ne descendons pas du singe. Lui est descendu de l'arbre. Nous sommes donc les cousins de l'arbre."
CQFD

Ou alors quand je prends l'image de la journée de 24 heures qu'il aurait fallu pour créer notre bonne vieille planète. On dit que l'humain serait "né" à 23H59. Son histoire est la plus courte, c'est l'espèce la plus récente sur Terre. Pas facile non plus. Et voilà, ce que j'obtiens à la question "que penses-tu de cette phrase ?"

"Chez les hommes préhistoriques, les montres n'étaient pas aussi bien faites que maintenant. c'est donc normal qu'on trouve une minute de différence. Elles n'étaient pas bien réglées."

Et toc.
Ça m'apprendra à vouloir faire de la science.
Je suis tout de même étonnée de constater que les mondes virtuels n'ont plus de secrets pour eux, ni le maniement de manettes ultra complexes à boutons multiples, ni les pouvoirs surnaturels, ni les noms à rallonge des Pokémon ou des personnages de Yu-Gi-Ho. Ils retiennent sans problèmes les différentes évolutions des Pokémons, et n'impriment pas que LUCY ne s'appelait pas vraiment comme ça, ou que le film l'Odyssée de l'Espèce n'a pas été filmé à l'époque préhistorique...

La réalité est-elle vraiment si difficile à retenir ??
Par Naturella - Publié dans : maîtresse Naturella - Communauté : La communauté pédagogique
Lundi 23 février 2009

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